ICONOGRAPHIE 

“faire le poids
sur les scènes
de la pesanteur
et de la grâce”

¡ ¡¡¡¡¡¡¡ ICI !!!!!! ! ----- >  à propos de quelques spectacles en particulier




Giotto - capella dei Scrovegni, Padoue (1306)
Illustration anonyme pour La Nef des Fous de Sebastian Brant (Das Narrenschiff) (1494)

Un fou bande les yeux de la Justice. 

Jean Dieuzaide Un mariage de funambules (les Diables Blancs), au dessus de la place du Capitole de Toulouse (1954)

Les Diables Blancs ont eu pour élève Philippe Petit qui traversera les tours Jumelles sur un fil en 1974 (voir le documentaire de James Marsch de 2008).
Dans la deuxième photographie, qui est en fait un photogramme issu d’un film d’actualités de la British Pathé (”Tight Rope Wedding”), on voit Jean Dieuzaide, le photographe, au bout du fil, en blanc.


 
Robert Whitman, une de ses Theater Pieces intitulée American Moon (1960)

Les performeurs circulent, accrochés au plafond, accrochés à des cordes. Le public se trouve à l’intersection de plusieurs tunnels dans lesquels ces cordes sont attachées. Ils ne voient jamais l’intégralité des actions qui se déroulent simultanément.


Vimala Pons, carte distribuée aux spectateurs en amont de la représentation de Grande (2017)

Joseph Wright of Derby - A Philosopher Lecturing on the Orrery (1766)

De la suspension des astres, des modèles réduits de l’univers.

Lev Koulechov - ДВА-БУЛЬДИ-ДВА (DEUX-BOULDI-DEUX) (1929), 55 min
Katie Sandwina, alias the Lady Hercules (1912)


“Lo! These eyes have beheld the Superwoman. Her head is the head of Juno. Her form is fit for a moth- er of kings and heroes. She is twenty-five years old, weighs 210 pounds and moves as lightly as a greyhound. . . . She is as majestic as the Sphinx, as pretty as a valentine, as sentimental as a wholesome as a great big slice of bread and butter.” lit-on dans un article de l’époque à son propos.

Employé par Barnum & Bailey’s, l’éminent cirque de Londres, elle en était même l’une des attractions centrale. Son numéro de force consistait, dans la narration, à dominer son mari, Max Heymann. Elle le soulevait au dessus de sa tête, comme s’il était aussi léger qu’une plume. 

On lit dans un autre journal que la femme Hercules est une preuve à l’appui du suffrage universel, un argument vivant en faveur d’égalité des sexes. Elle devient d’ailleurs vice-présidente du groupe de suffragettes qui se forme au sein du cirque Barnum & Bailey en 1912. Les reporteurs l’appellent ainsi “Sandwina the Suffragette”.

Evidemment, elle donne aussi du grain à moudre aux eugénistes, qui ne manquent pas de prétendre qu’elle provient d’une race d’humains titanesques, hors du commun. Comme une bête de foire, on la mesure et on l’étudie, pour vérifier qu’il s’agit bien d’une femme et non d’un homme. D’autre part, sa force remettant en cause, au yeux du public de l’époque, sa féminité, elle s’affiche avec son fils qui est également sous-pesé, examiné de pied en cap et dont les exploits de force juvénile égayent la chronique.

(lire  “Center Ring : Katie Sandwina and the Construction of Celebrity“, article de Jan Todd, University of Texas at Austin, dans la revue Iron Game History)



The “great Sandow”, appareil de cinéma portable (1896)


En 1896, le culturiste Eugen Sandow rédige une demande de brevet, déposée le 3 décembre 1896, pour ce qu'il qualifie de « méthode publicitaire portable nouvelle et efficace ». Il s'agit d'un appareil de cinéma mobile.

Sandow se rend aux États-Unis en 1894 pour être filmé par W. K. L. Dickson et pose pour des radiographies après avoir manifesté de l'intérêt pour le sujet et rencontré Thomas Edison. Le brevet britannique n° 27495 est déposé le 3 décembre 1896 et délivré le 6 novembre 1897. Office européen des brevets.  Dans son brevet, Sandow déclare :

« Pour réaliser mon invention, je conçois un cadre ou un écran combiné à une lanterne de projection (ou lanterne magique) facilement transportable sur les épaules. […] Au moyen de cette lanterne, je projette sur l’écran des publicités de tout type. La lanterne est munie d’un mécanisme d’horlogerie qui commande et fait défiler devant le condenseur, à intervalles réguliers, un film transparent sans fin. Ce film peut servir à photographier ou à imprimer les publicités de diverses manières, ou bien à projeter des images animées en même temps que les publicités.»

— Demande de brevet d’Eugen Sandow pour une « méthode publicitaire portable nouvelle et efficace », datée du 3 décembre 1896.

Ce dispositif devait être fixé sur le corps d’une personne qui parcourrait les rues en projetant des diapositives ou des films, donnant ainsi un sens nouveau aux médias émergents et aux expressions à la mode de « films animés » et de « images vivantes ».

Le dispositif de projection portable de Sandow n’a pas été produit en série. Le brevet, déposé quelques mois seulement après la première projection réussie de films agrandis, révèle comment la pratique du visionnage de films aurait pu évoluer.

L'appareil mobile de projection d'images animées de Sandow n'a pas connu la même omniprésence que le stéréoscope ou le panopticon. Cependant, ce n'est pas pour le pré-cinéma que Sandow s'est plongé dans le monde de l'invention ; il recherchait constamment des moyens novateurs de diffuser sa propre image, son corps étant son médium.

Intitulée « La Bande Souvenir », cette série présente des images extraites du film de William Kennedy Laurie Dickson, réalisé en 1894 sur le Kinétographe pour le Kinétoscope. (Image Library of Congress).

Selon le brevet, des « publicités de tout type » seront projetées grâce à un carrousel de diapositives rudimentaire doté d'un mécanisme d'horlogerie permettant de modifier l'affichage. L'appareil était relié par un câble portant la lettre « J ». L'utilisateur tirait sur ce câble pour faire défiler la diapositive et changer d'image.


   
Calder en 1929, devant son Petit Cirque, photographié par André Kertész

et des photogrammes du film Le Petit Cirque (1961) de Carlos Vilardebo, 30min.
       
Madame Saqui, funambule du XIXème siècle

Les Mémoires d’une danseuse de corde, de Paul Gistiny

Un portrait d’elle, en haut de la page, dans un Recueil de portraits de prestidigitateurs, illusionnistes, artistes de cirque, phénomènes, types ethnologiques (1860-1900)


“Descent of Madame Saqui, surrounded by Fireworks” en 1822 (Victoria and Albert Museum)


Une image de presse, anonyme, où l’on voit Madame Saqui, costumée en pèlerin, avec une fausse barbe, vers la fin de sa vie (1862)

       
  

Le chevalier des singes (1767) 


Cette estampe montre le singe appartenant à Signor Spinacuta, se produisant sur la corde serrée et lâche au Sadler's Wells Theatre en 1767.

 

James Gillray, the suppressed plates (1782)

L’estampe s'intitule “The Balance of Power or The Posterity of the Immortal Chatham turned Posture Master‘ (« L'équilibre des pouvoirs ou la postérité de l'immortel Chatham devenu maître de posture ») et représente Catherine II (1729-1796), impératrice de Russie ; le Premier ministre William Pitt (qui deviendra plus tard Lord Chatham) ; et le sultan Selim III de l'Empire ottoman. Lord Chatham marche sur une corde raide entre l'impératrice inébranlable et le sultan qui offre des pots-de-vin, tenant une perche pour s'équilibrer, qui soulève la robe de l'impératrice à droite. Chaque personnage dispose d’une bulle de dialogue indiquant ses intentions politiques. Sous les trois se trouve une petite figure représentant Richard Brinsley Sheridan, dramaturge et orateur parlementaire.


La Srada de Fellini (1954), 1h54min
        

Photographies anonymes prises au Reco’s Circus (1943)

V&A Museum

    


Les Kirikis, film de 1907 de Segundo de Chomón, 2min36

Onze personnes se livrent à une douzaine de portés acrobatiques qui défient les lois de la pesanteur. Puis, elles saluent et sortent du champ.



Laura Knight, croquis de Con Colleano (1933)
  

Dessin anonyme de 1683

V&A Museum



Un photogramme du film Lola Montès de Max Ophüls, 1h56min. (1955)
et une photographie de plateau prise par le réalisateur 

Le film relate l’histoire d’une acrobate qui réalise un numéro de “saut de la mort”.

  
Affiche sans date

V&A Museum


Photogramme tiré de Les Ailes du Désir, film de Wim Wenders, 2h01 (1987) 
Estampe anonyme (1825)

V&A Museum


Page du script d’un film perdu de Friedrich Wilhelm Murnau, intitulé Four Devils (1927-1929)

Museum of Film and Television Berlin, Deutsche Kinemathek

« 4 Devils », se déroule dans un cirque et retrace la route de quatre trapézistes. Le scénario se conclut par un accident.


Il s’inspire d’un  court-métrage danois, de 41 minutes, intitulé De Fire Djaevle ( Les Quatre Diables) réalisé en 1911 par Alexander Christian, Robert Dinesen, Alfred Lind, Carl Rosenbaum (voir photogramme).

  

William Glackens - Hammerstein's Roof Garden (1901), 75x63cm

Boîte de nuit new-yorkaise à la mode, le Palace Roof Garden offrait, du temps des impressionnistes, des divertissements en plein air, dans un jardin sur le toit, lorsque la chaleur étouffante de l'été obligeait les théâtres intérieurs à fermer. Ouvert par l'impresario Oscar Hammerstein, ce lieu présentait des numéros de vaudeville allant des danseurs espagnols exotiques aux jongleurs cyclistes et aux funambules. Un enchevêtrement filigrané de lumières électriques, invention récente qui a rendu possible le théâtre nocturne, éclaire l’arène.



Laterna Magika - The Encounter at the Airport, de la série Variations (1963)

(Alfred Radok , dir. art. et Josef Svoboda, scénographe)


Poursuite de la réflexion de la compagnie sur les principes de parallelisme et de juxtaposition, les partenaires des danseurs de Variations sont des films (”Danseur et cercle”, “Corrida”, “Un choix coloré”, “Concerto pour un violon et quatre jambes”). Il y a un jeu de décalage entre la scène et l’écran. Les danseurs performent des variations physiques et rythmiques avec leurs doubles cinématographiques. Le film sert de toile de fond documentaire, de manière à promouvoir l’image touristique du pays (et la Czechoslovak Airlines)- dans la mesure où il s’agit historiquement de la compagnie nationale, placée en tête de gondole de la production culturelle tchéchoslovaque. En effet, elle doit sa création à une commande du Ministère de l’Education et de la Culture adressée au Théâtre National de Prague en 1956, dans le cadre de l’Expo 58 à Bruxelles, un concours d’architecture, pensé comme une vitrine pour l’industrie communiste. L’histoire de Laterna Magika est tendue entre sa place de porte parole au service d’un discours idéologique national et, à la fois, de terrain d’expérimentation débridé (voir les Polyekrans par exemple), ce qui s’accentue à partir du dégel de 1968 déclenché par le printemps de Prague.

                 

Thomas Eakins, Pour faire une étude (1885)

Fragan Gehlker dans Le Vide, essai de cirque photographié par Vasil Tasevski (2017)
          


Le Labyrinthe (1963), première oeuvre du GRAV, Groupe de Recherche d’Arts Visuels

“Notre labyrinthe n’est qu’une première expérience délibérément dirigée vers l’élimination de la distance qu’il y a entre le spec- tateur et l’œuvre. [...] Nous voulons le faire par- ticiper. Nous voulons qu’il soit conscient de sa participation. [...] Défense de ne pas participer. Défense de ne pas toucher. Défense de ne pas casser.” 

(Tract “Assez de mystifications”, octobre 1963, Archives Julio Le Parc, Cachan, reproduite dans le catalogue GRAV: stratégies de participation, 1960/1968, Grenoble: Magasin, centre national des arts plastiques, 1998, p. 126)


Cette idée était affichée dès l’entrée du Labyrinthe en ces termes : « Entrez – Cassez ».


        

“Vue perspective de la mécanique, et construction d’un intérieur de théâtre” dans Parallèle des plans des plus belles salles de Gabriel Dumont (1674)

Gianni-motti, Revendications (1994)
Jacques Callot, Les Misères de la Guerre (1633), “la pendaison”
Dara Friedman, Government Cut Freestyle (1998)

Vidéo numériquee couleur transférée à partir d’un film muet, 16mm, 9 min.20 sec

Les jeunes sautent à tour de rôle d'une jetée du parc South Pointe à Miami Beach dans Government Cut, la voie navigable artificielle qui relie la baie de Biscayne à l'océan Atlantique. L'artiste a tourné la plupart des images de sorte que les corps des plongeurs’ restent étroitement resserrés dans le cadre, de sorte que la caméra oscille et se balance doucement alors qu'ils s'effondrent dans les airs, se cambrant à chaque fois au-dessus de la ligne d'horizon. Combiné au rythme lent du film et au rythme régulier et ondulant avec lequel les scènes se déroulent, le travail de caméra de Friedman suscite un effet hypnotique et évanouissant. Comme dans un rêve, le spectateur éprouve une sensation quasi-kinesthésique alors même que son corps reste plus ou moins fixé en place.

Arthur Conan Doyle, The coming of the fairies (1922)

En 1917, deux écolières d'un petit village anglais, Cottingley, déclarent avoir photographié des fées. Conan Doyle, adepte du spiritisme, mène l’enquête.



Giandomenico Tiepolo, Altalena dei pulcinelli (La Balançoire des Polichinelles) (1793)

Jacques-Henri Lartigue, “Au tennis Rouzat” (1920) et “Tentative de vol de Zissou” (1905)
  
Cartier-Bresson “Chez Gégène” (1952)
Parviz Kimiavi Baghé Sangui, Le Jardin de Pierres (1976), film documentaire, 1h21

 
Au sud-est de l'Iran, dans le désert iranien près de Sirjan, se trouve en plein désert, un grand jardin, dans lequel sont plantés des centaines d'arbres secs et démunis de feuilles. Des milliers de pierres, petites et grandes, sont accrochées et suspendues aux branches, retenues à l'aide de câbles téléphoniques.
Ce jardin est l'œuvre d'un berger sourd et muet de naissance.


  
Louise Bourgeois, Sans Titre (1996)
Affiche de Vertigo d’Hitchcock (1958)
Hine Lewis Wickes, Aire de jeu dans une décharge à Boston (1909)

'A New Ball et on the Tight Rope, or Matter-o-Money' (1823) 

Image de presse, anonyme, satirique, à propos du mariage d’Edward Hughes Ball et de la danseuse espagnole Maria Mercandotti 


Per Bjurström, Giacomo Torelli and Baroque Stage Design (1961) 

les systèmes de poids et contre-poids dans les théâtres baroques et avec Torelli, précurseur du retour des deus ex machina antiques sur les scènes italiennes de la Renaissance (voir le Traité des Automates d’Héron d’Alexandrie par exemple)

Retablo, anonyme (1951)

On appelle retablos les ex-votos mexicains. Sur celui-ci, un funambule remercie la Virgen de Guadalupe de l’avoir sauvé de la mort, qu’il avait senti approcher alors qu’il exécutait un numéro sur la corde souple.




Variétés (1925), film de Film de Ewald-Andre Dupont (1 h 21 min)

Intégration d’un agrès de cirque (le trapèze) au processus technique de l’apparition de l’image en mouvement. La caméra, suspendue au trapèze, suit ses allées et venues. Il ne manquerait plus que le défilement de la pellicule à l’intérieur de la caméra soit lui-même entraîné par une série de roulades!


   
  

  

Meret Oppenheim, Waage- In einer Schale ein Kopf (Scales, A Head in One Tray) (1933), 21 x 27 cm
& Seiltänzer (Tightrope Walker) (1932), 21 x 27 cm



Anna-Eva Bergman, No 4-1957 La grande montagne (1957), 162 x 130 cm

De la verticalité




et un livre pour enfants, anonyme
    
Martha Graham - Every Soul is a Circus (1939)

Spectacle créé au Théâtre St James de New York. Mise en scène Paul Stapp, musique de Paul Nordoff. Inspiré d’un poème de Vachel Lindsay. 
Le personnage central est une dilettante, une femme au foyer qui s'ennuie et qui s'imagine comme l'Impératrice de l'Arène, au centre d'un triangle romantique entre un maître de piste pompeux (Erick Hawkins, qui avait intégré sa compagnie entièrement féminine l'année précédente pour Document américain) et un acrobate (Merce Cunningham, dont c’est le premier rôle). Un alter ego, qui s’appelle le Spectateur, reste sur le bord de scène tout au long de l'action et commente l’action.


Des appuis...


Erwin Wurm. One Minute Sculpture (1997)

Des appuis encore


Die drei Codonas, Arthur Maria Rabenalt (1940), film d’1 h 49 min

Ici, une scène filmée au ralenti, caméra fixe, en plongée, accompagnée d’un commentaire qui décrit les mouvements des acrobates. Le filet semble former un arrière-plan millimitré à la Muybridge. Film allemand de 1940, c’est une ode au corps glorieux

 
Walden, Jonas Mekas (1968), dont la deuxième bobine est tournée au Ringling Bros, 12minutes

"Ringling Bros. Filmé en 1966, périodes (cirque à trois pistes), couleurs, mouvements et mémoires d'un cirque. Monté dans la caméra (un exercice de structuration instantanée). Musique de la Jug Band de Jim Kweskin (on peut aussi le regarder silencieusement).
Dédié à Kenneth Anger qui m'a fourni une provision de films Ektachrome dans l'un de mes nombreux moments difficiles."
Jonas Mekas


 
Murder, Hitchcock (1930), 1h41min
           

Degas, Mademoiselle Lala au Cirque Fernando (1879)

117x77cm

National Gallery, Londres


La Venenosa, Roger Lion (1928), film d’1h51min
 
The Greatest Show on Earth, Cecil B. DeMille (1952), 2h26min